Ouvrir la porte des mondes imaginaires

Mis à jour : mai 23

Je suis née dans un nid de dragon lors d'une nuit de lune rousse. Mes parents, tous deux dragonniers n'ont pas eu le temps d'arriver au village tellement j'étais pressée de sortir du ventre de ma mère. J'ai donc poussé mon premier cri au milieu d'œufs, de craquements et de la brise du vent du Nord.

Enfant, je volais parmi les étoiles, les nuages, les oiseaux, les dragons et autres machines volantes de mon pays. J'ai appris à voler avant de savoir marcher et obtenue ma première plume très jeune. Cette distinction m'a permis d'être formé par le grand Pyair, un explorateur talentueux, poétique et exigeant. Une grande fierté pour moi de l'accompagner lors de ses nombreuses expéditions à la recherche de portes imaginaires ! Chacune d'elles ouvraient sur un monde inconnu qu'il nous fallait découvrir parfois de façon périlleuse. A chaque ouverture de porte, une nouvelle aventure débutait, de nouveaux paysages à observer et surtout de nombreuses rencontres. Je me souviens de ce troll avec qui j'ai goûté pour la première fois de la liqueur de cerises, cette fée gardienne des derniers spécimens de fleurs disparues dans les autres mondes...

A chaque passage de porte, je découvrais, j'apprenais, je me formais, je grandissais.

Un beau jour, nos explorations nous amenèrent à ouvrir la porte de ce monde appelé terre. Et là Pyair m'annonça que j'allais devoir y aller seule. J'étais prête, je pouvais m'aventurer seule dans ces contrées inconnues, à la rencontre de ses peuples, de ses cultures, paysages... C'est ainsi que j'entrais dans ce pays appelé France !

L'adaptation fut assez chaotique, il me fallait comprendre le fonctionnement, le langage, les us et coutumes... Pendant des années je suis restée simple observatrice, j'ai pris pas mal de note, suivit des cours, essayer d'entrer dans le moule ! J'en ai perdu la mémoire ! J'ai oublié le pourquoi j'étais là, à quoi je servais, comment faire... Je suis devenue un mouton parmi les autres qui suivait un chemin




Mais pourquoi je vous raconte cette histoire ?

Peut-être parce-que j'ai passé des années à chercher à me fondre dans ces moules qui semblaient être la norme ? A chercher ma place sur cette planète passant d'une case à l'autre sans vrai but ? A essayer de plaire aux autres, à faire plaisir sans jamais tenir compte de mes propres besoins et envies ? ... Oui pour toutes ces raisons et beaucoup d'autres j'ai erré des années, préférant me réfugier dans ces mondes imaginaires beaucoup plus rassurant pour moi. Alors cette histoire aurait très bien pu être la mienne.

Petit à petit, j'ai partagé mes mondes imaginaires en écrivant des histoires, animant des ateliers, créant des jeux pour développer la créativité et l'imagination... J'ai commencé en m'adressant aux enfants, d'un naturel plus joueur, aimant s'inventer des histoires... Mais d'un coin de l'œil j'observais les parents, les professeurs, les animateurs qui accompagnaient ces enfants. Et je voyais cette petite étincelle brillait dans leurs yeux : la flamme de l'enfance venait de se rallumer !

J'ai mis des années avant de comprendre que cette flamme de l'enfance que j'ai conservé naturellement ne brillait pas en chacun de nous. J'ai même rencontré de jeunes enfants qui l'avaient déjà éteinte. Personnellement, je trouve triste de vivre sans cette étincelle, car c'est dans celle-ci que réside nos envies profondes, nos rêves, nos désirs, ces mondes imaginaires...

J'aime l'idée qu'il existe une porte entre ce monde réel dans lequel je vis et ces mondes imaginaires et qu'il suffit d'ouvrir cette porte pour passer d'un monde à l'autre.

Je reste persuader que nous avons besoin de ces deux mondes pour être à sa place. C'est une question de regard sur la situation.

Si j'ouvre la porte du monde réel, alors j'observerais ces moutons de poussière sous mon lit qu'il va me falloir ramasser, ou devrais-je dire cet amas de poussière. Je regarde cette réalité sous mon lit = poussière à mettre dans la poubelle. C'est une vision très réaliste de la situation.

Je décide de repasser la porte et me rend dans les mondes imaginaires. C'est alors qu'apparaissent de jolis petits moutons blancs entrain de brouter mon plancher ! Et tel le berger, il va me falloir réunir ce troupeau et le rentrer à la bergerie. C'est une vision plus imagée et tout de suite le ménage me parait plus sympathique à faire !

Personnellement, je passe cette porte continuellement, changeant mon regard à chaque instant sur les situations que je peux voir. C'est dans ces passages continuels que j'ai fini par trouver mon équilibre. Car j'ai remarqué qu'il ne fallait pas s'arrêter à un seul point de vue : un seul regard enferme très souvent, surtout quand en face de moi je ne vois qu'un problème ! Passer cette porte, transformer cette poussière en mouton n'enlève pas le ménage à faire, mais me permet de rendre ce moment plus sympathique. Et si je laisse mon imaginaire continuer à créer, je pourrai inventer une herbe magique qui propulse les moutons directement à la bergerie ! Entrer dans les mondes imaginaires a un avantage certain, ces mondes n'ont pas de frontières à par notre pensée, nos propres limites ! Alors ouvrez la porte !

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